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EU libéraux quand ça les arrange !


Voici 3 extraits du livre de J. Attali, « Un homme d’influence, Sir Siegmund G. Warburg 1902-1982 ». Extraits montrant un autre visage du libéralisme économique des EU. Qui sont très favorable aux libertés, mais seulement quand cela leur profite. Quand ce n’est plus le cas, ils imposent leur point de vue par la force.

  • En 1928, l’Europe centrale et l’Amérique latine à la merci de la spéculation du fait de la politique monétaire américaine  nationaliste.
  • Comment les EU ont imposé la signature des accords de Bretton-Woods aux Anglais.
  • Comment les EU se sont servi du FMI pour faire reculer les Anglais lors du conflit de Suez.

En 1928, l’Europe centrale et l’Amérique latine à la merci de la spéculation du fait de la politique monétaire américaine  nationaliste. Page 169

L'Europe dépend maintenant de l'Amérique pour ses fins de mois. Mais celle-ci n'a pas encore conscience de ses responsabilités et le vieux continent va le payer cher. Très cher. Comme l'écrit Michel Aglietta, « le remplace­ment des prêts anglais par des prêts américains pour sou­tenir les systèmes bancaires fragiles de l'Europe centrale et de l'Amérique latine mettaient ces derniers à la merci d'une vague spéculative déclenchée par la politique moné­taire purement nationaliste des États-Unis, phénomène qui s'est produit à partir de 1928197». Quant à l'Angleterre, elle se cramponne toujours à sa parité absurdement fixée.

Comment les EU ont imposé la signature des accords de Bretton-Woods aux Anglais. Page 289

Siegmund rencontre alors Lord Keynes, qui lui dit être convaincu du déclin anglais si la Grande-Bretagne ne se ressaisit pas et si elle n'obtient pas une aide majeure de l'Amérique. Siegmund est furieux que le grand économiste ne veuille pas le proclamer publiquement.

L'Angleterre n'a plus, il le sait, les moyens de ses importations de base. Il lui faut trouver à tout prix des dollars, seule devise d'échange désormais reconnue.

Une délégation britannique, dirigée une dernière fois par Lord Keynes, se rend à Washington en octobre pour négocier une nouvelle aide américaine, en échange de nou­velles concessions de politique économique. De Washing­ton, le 28 octobre, Keynes écrit à Dalton ce qu'il a dit à Siegmund peu auparavant : « II n'est pas d'issue compati­ble à long terme avec la politique intérieure du gouverne­ment actuel en dehors d'une aide américaine. Le fait que certains Américains en sont de plus en plus conscients constitue en réalité l'un des obstacles cachés que nous rencontrons en travers de notre chemin. » En décembre 1945, un accord est trouvé : l'Amérique versera 650 mil­lions de dollars et en prêtera de surcroît 3,750 milliards au taux de 2 % ; le Canada, de son côté, prêtera 250 millions de dollars. En échange, la Grande-Bretagne s'engage à ratifier les accords de Bretton Woods, à rendre la livre convertible et à ne pas utiliser ces dollars pour rembourser ses dettes à la zone sterling : Keynes doit donc accepter à Washington ce qu'il s'était acharné à éviter à Bretton Woods, quelques mois auparavant.

Les statuts du Fonds Monétaire International entrent en vigueur le 27 décembre 1945. Les pays choisissent alors librement leurs parités, libellées en dollars171, presque tou­jours avec un excès d'ambition.

LE F.M.I. FAIT DE LA POLITIQUE  page 338

En 1956 commence la crise de Suez, qui marquera la première utilisation politique ouverte des moyens du F.M.I. Le 26 juillet, douze ans avant le terme de la con­cession, Nasser annonce la nationalisation et la saisie des biens de la Compagnie du Canal de Suez. En Angleterre et en France, les esprits sont considérablement échauffés. Le Times écrit : « Si on laisse Nasser jouir de son coup, tous les intérêts britanniques et occidentaux au Moyen-Orient s'effondreront35. » Simultanément, la situation de la livre s'aggrave. La parité de 1947 est devenue intenable. Le déficit de la balance des paiements devient énorme et la probabilité d'une dévaluation accélère la fuite des capi­taux. Durant le seul mois de juillet, les réserves d'or et de devises diminuent de 50 millions de livres. Un plan de stabilisation est alors décidé, et, comme toujours, c'est un plan de récession. Mais, pour la première fois depuis sa création, le F.M.I. va être utilisé politiquement de manière ouverte par l'Amérique et la faiblesse de la livre va inter­dire à l'Angleterre toute politique étrangère autonome. Car les États-Unis d'Eisenhower — lui-même préparant sa réélection — ne veulent absolument pas entendre parler d'un conflit d'aucune sorte avec personne, et ils sont prêts à utiliser tous les moyens, y compris la rupture des accords de Bretton Woods, pour éviter une guerre pour Suez. « La Grande-Bretagne, explique R.A. Butler, devait se montrer surtout sensible à la menace américaine de jouer contre la livre35. »

Vingt-quatre pays se réunissent alors en conférence à Londres du 16 au 23 août afin d'élaborer un statut inter­national du canal ; ce sera un échec, car Eden, obsédé par Munich, ne veut pas céder ; le 29 octobre, il prépare avec Guy Mollet et Ben Gourion une intervention armée en Egypte. Le 30, le Gouvernement anglais lance un ultima­tum à l'Egypte. Le 31, les forces franco-britanniques dé­barquent à Port Saïd. Sir Anthony choisit ce moment pour partir se reposer à la Jamaïque et laisser l'intérim du gou­vernement à Butler. Le 2 novembre, les Nations Unies demandent le retrait des forces alliées et les Russes bran­dissent la menace d'une troisième guerre mondiale.

Depuis le début de la crise l'Angleterre a perdu 15 % de ses réserves d'or et de dollars, et doit solliciter, début novembre, un prêt du F.M.I., que les États-Unis se char­gent de lui faire refuser : «Je considérai cette attitude, écrira plus tard Macmillan, et la considère toujours comme une trahison de l'esprit — et même de la lettre — du système qui était censé régler le fonctionnement du Fonds35. »

Jamais en effet les signataires européens des accords de Bretton Woods n'avaient imaginé que l'Amérique les uti­liserait comme un tel moyen de pression : c'était pourtant déjà clair dans la manière dont s'étaient déroulées à l'épo­que les négociations,

L'Angleterre, puis la France, finissent par céder, le 7 novembre 1956 ; et le 22, Butler annonce le retrait des forces britanniques et l'instauration d'un rationnement de l'essence. Tout est réglé : il faut tirer définitivement un trait sur les ambitions coloniales de l'Europe. La livre a vécu. Le F.M.I. a imposé la loi des Grands.

Sir Siegmund G. Warburg 1902-1982

Un homme d’influence

Jacques Attali Fayard septembre 1985 572 pages

Pour aller plus loin :

La Grande Désillusion, extraits FMI

Diffamation sur commande par agence de RP

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Mis à jour (Mercredi, 23 Juin 2010 16:27)

 
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