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Honneur et vertu indispensables à toutes sociétés

 

Aristote, avant de définir ce qu’est le bonheur des hommes, rappelle ce qu’est la société civile, « une société d’honneur et de vertu ». Puis il revient à la dimension sociale de l’homme, en précisant de quels principes dépendent le bonheur de l’Etat.

 

« La Cité n'est donc pas précisément une communauté de lieu, ni n'a été instituée pour le simple effet de se préserver des injustices d'autrui ou d'entretenir commerce. Tout cela doit exister avant la formation de l'Etat, mais ne suffit pas à le constituer.

La Cité est une société établie, par maisons et familles, pour vivre bien, c'est-à-dire pour mener une vie parfaite et qui se suffise. Or, cela ne peut se faire que par la proximité d'habitation et par les mariages. C'est pour la même fin qu'ont été instituées dans les villes les sociétés particulières, les corporations religieuses et profanes et toutes les autres liaisons, affinités ou manières de vivre les uns avec les autres, ouvrage de l'amitié, comme l'amitié est elle-même l'effet d'un choix respectif.

La fin de la société civile est donc de vivre bien ; toutes ses institutions n'en sont que les moyens et la Cité même, qu'une grande communauté de familles et de bourgades, où la vie trouve tous ces moyens de perfection et suffisance. C'est là ce que nous appelons une vie heureuse et honnête. La société civile est donc moins une société de vie com­mune qu'une société d'honneur et de vertu….

Des mêmes principes dépend le bonheur de l'Etat. Il est impossible qu'un Etat soit heureux si l'honnêteté en est bannie. Il n'y a rien de bon à en attendre, pas plus que d'un particulier, sans la vertu et la prudence; le courage, la justice et la prudence y ont le même caractère et la même influence que dans les particuliers ; ce sont exacte­ment les mêmes qui nous méritent la réputation de coura­geux, justes et prudents.

Que ceci nous serve de préface. Nous n'avons pu nous dispenser de rappeler ces principes ; mais comme ils appar­tiennent à une autre théorie, nous ne leur donnerons pas ici plus d'étendue. Il nous suffira, quant à présent, d'avoir établi que la meilleure existence, pour chacun en particu­lier et pour les Etats en corps, c'est la vertu avec assez de fortune pour pouvoir la pratiquer. »

Aristote LA POLITIQUE.  DU CITOYEN ET DE LA CITÉ. Page 55 suivantes

Editions Gonthier by PUF

 
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