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L'homme qui acheta l'Amérique

 

On croyait tout savoir de Howard Hughes, le célèbre milliardaire. Pourtant une partie de l'iceberg demeurait mystérieusement immer­gée : celle des années 1968 à 1976, où Hughes vécut cloîtré dans un hôtel-casino de Las Vegas, entouré d'infirmiers mormons et en proie aux fantasmes les plus fous. Son dernier rêve : contrôler, dominer, « acheter » l'Amérique tout entière.

Voilà ce que révèlent les fameux papiers volés dans les bureaux de Hughes et pour lesquels la CIA était prête à payer un million de dol­lars. Retrouvées par Michael Drosnin au terme d'une enquête extra­ordinaire, ces archives constituent le scoop journalistique le plus explosif depuis Les Hommes du Président.

Un document capital où l'on apprend, entre autres :

—   Comment Howard   Hughes  corrompt  le  gouverneur  du Nevada, Paul Laxalt, aujourd'hui sénateur et ami intime de Ronald Reagan.

— Comment il « achète » Hubert Humphrey, Lyndon Johnson, Richard Nixon...

— Comment il s'offre tout le staff de Bob Kennedy immédiate­ment après son assassinat, Larry O'Brien — président du Parti démocrate au moment du Watergate —- devenant un « homme » de Hughes.

Citizen Hughes, c'est Howard Hughes par lui-même, et au-delà l'his­toire secrète de notre temps, avec, dans sa cruelle nudité, la vraie nature du pouvoir en Amérique.

4° de couverture : Les archives secrètes d’Howard Hughes

Michael Drosnin a travaillé pour le Washington Post et pour le Wall Street Journal.

Il a consacré sept années à l'enquête et à la rédaction de Citizen Hughes.

Ayant découvert les archives de Howard Hughes, Drosnin a vécu sous un faux nom, à une adresse inconnue, de manière à conserver l* exclusivité de sa découverte et à protéger ses sources contre d'éventuelles investigations officielles.

Citizen Hughes par Michael Drosnin  Presses de la Renaissance 1985,  549 p

Page 53 : la vraie nature du pouvoir en Amérique

Durant toute la nuit, et tout le jour suivant, et la nuit d'après, Je restai dans cette chambre d'hôtel à lire les documents, d'abord craignant d'arrêter parce que je ne savais pas si j'en disposerais longtemps, et ensuite incapable d'arrêter, totalement dominé par la force de l'histoire révélée dans ces étranges papiers secrets.

C'était bel et bien de la «dynamite politique». Mais d'une espèce qui ne ressemblait guère à ce que la CIA et le FBI avaient redouté ou même seulement imaginé. Les notes racontaient froi­dement qu'elles offraient la corruption d'une nation entière en même temps que le journal intime d'un homme sombrant dans la folie. Le grand secret que Howard Hughes avait préservé n'était pas tel ou tel scandale, ce pot-de-vin-là ou cette sale affaire-ci, mais une réalité infiniment plus vaste et plus effrayante : la vraie nature du pouvoir en Amérique.

Page 56 : acheter Laxalt gouverneur du Nevada

Mais Hughes n'écoutait plus. Sur la table de nuit, il se saisit d'un bloc de formulaires jaunes et, le posant sur ses genoux, il griffonna fiévreusement une note à l'intention du chef de son état-major, Robert Maheu.

«Je déteste me précipiter, écrivait-il, mais je vois là une occa­sion comme il ne s'en présente pas deux fois dans une vie. Je n'as­pire pas à la présidence, mais je veux bel et bien la puissance politique.

«Je voulais cela depuis longtemps, mais pour une raison ou pour une autre, cela m'a toujours échappé. Je veux dire le genre d'organisation qui nous éviterait d'avoir à nous inquiéter pour une petite chose tordue comme ce problème de la loi antitrust... pour les cent ans à venir.

« Et je veux dire le genre de système qui, si nous le voulions, pourrait mettre le gouverneur Laxalt à la présidence en 1972 ou 1976*.

« En tout cas, il me semble que les gens dont nous avons préci­sément besoin, nous les avons maintenant sous la main. C'est pourquoi, si nous les contactons rapidement et habilement, ils devraient être aussi pressés de se trouver un point d'ancrage que nous de les faire passer de notre côté.

«Alors, eu égard à l'état de mon système nerveux, veuillez je vous prie agir comme l'éclair dans cette affaire — premièrement, me communiquer les noms de ceux qu'il nous faut, à votre avis, parmi les gens de Kennedy et deuxièmement, contacter ces gens sans aucun délai dans la minute où j'aurai approuvé votre choix. Je répète que la nature absolument impérative de cette mission impose d'agir avec la plus grande habileté. Si ce n'était pas le cas et si ce projet devait transpirer, je suis sûr que je serais abso­lument cloué au pilori par la presse.

« De toute façon, je vous fais confiance pour mener à bien cette affaire, et je crois que le potentiel que représentent le personnel et la machine politique est entièrement constitué et en activité. Je pense que ces moyens sont tout simplement inestimables et qu'ils valent de risquer le coup — pourvu que vous agissiez vite. S'il vous plaît, rendez-moi compte immédiatement. »

Le stylo levé, Hughes relut attentivement la note avant de signer : « Howard ». Il glissa les deux pages du message dans une large enveloppe de papier kraft, puis d'un doigt expert, donna un coup dans le sac en papier suspendu au bord de son lit pour y recueillir ses kleenex usagés. Son ongle long produisit un bruit sec qui fit surgir de la pièce voisine l'un des cinq assistants qui le servaient à tour de rôle. Le domestique mormon humecta le rabat, ferma l'enveloppe et la remit à un vigile armé posté à l'ex­térieur de la suite, devant une porte de sécurité spécialement ins­tallée par l'hôtel. L'homme prit l'ascenseur pour descendre neuf étages plus bas, traversa quelques cours et remit le mot de Hug­hes à Robert Maheu, qui habitait tout à côté de l'hôtel.

Ancien agent du FBI, Maheu cachait derrière un visage rond et des manières affables une dureté que seule trahissait la froi­deur de son regard noir

* Paul Laxalt, alors obscur mais très accommodant gouverneur du Nevada, a été le directeur de la campagne de Ronald Reagan et demeure l'un de ses amis, peut-être le plus proche.

Page 324 Les impôts. Fondation : machine à échapper à l’impôt.

O'Brien Associates ouvrit le 1er octobre, juste à temps pour participer à la refonte de la législation sur les impôts, au profit de son principal client, Howard Hughes.

La réforme des impôts de 1969 était la plus importante dans l'histoire du pays, et elle inquiétait beaucoup Hughes. Non point parce qu'il n'avait payé aucune contribution directe durant dix-sept années consécutives. Non point parce que la société de hol­ding dominant l'ensemble de son empire, la Hughes Tool, n'avait pas payé l'impôt sur les sociétés depuis trois ans que son unique propriétaire se terrait à Las Vegas. Non, si le milliardaire s'in­quiétait, c'était pour son œuvre charitable, le Howard Hughes Médical Institute.

Comme d'autres grands philanthropes, Ford, Rockefeller, Carnegie, Hughes avait découvert le moyen de gagner la consi­dération publique tout en échappant aux impôts. Mais sa fondation paraissait avoir été créée dans le seul but de dénoncer la combine, en la caricaturant de manière outrancière.

Pour tout acte de philanthropie, il avait remis les actions de la Hughes Aircraft Company au Hughes Médical Institute, trans­formant ainsi son usine d'armements au chiffre d'affaires annuel d'un milliard de dollars en une entreprise charitable exemptée d'impôts. Il nomma directeur de la recherche son médecin per­sonnel, Verne Mason, praticien de Hollywood qui lui avait long­temps fourni sa codéine, mais Hughes resta lui-même président de la société d'armements et le fondé de pouvoir de la nouvelle fondation n'étant autre que lui-même, il gardait la haute main sur les deux entités. Il s'était généreusement donné les actions à lui-même. Et voilà que cet incroyable geste de générosité ris­quait d'être annulé.

Tous les malheurs vinrent de Wright Patman. Pendant des années le représentant populiste du Texas avait utilisé son poste de président de la Commission des Banques à la chambre pour conduire une enquête sur le petit jeu des fondations. Ses investi­gations avaient permis de percer la façade de centaines de faus­ses organisations et institutions derrière lesquelles des fortunes personnelles s'abritaient des impôts. Et cette année 1969, Patman avait dans le collimateur la plus flagrante de toutes ces fraudes : celle d'un des principaux fournisseurs de la Défense, fabricant de missiles et de satellites espions qui se déguisait en institut cha­ritable de recherche médicale «au bénéfice de l'humanité tout entière».

Comme Patman le découvrit, le seul bénéficiaire du Howard Hughes Médical Institute était Hughes lui-même. En quinze ans, depuis sa fondation, l'institut n'avait donné que 6 millions de dollars aux chercheurs alors qu'il reversait près de 24- millions de dollars au milliardaire. Durant cette même période, Hughes Aircraft réalisa 134 millions de dollars de bénéfices mais ne paya jamais le moindre dividende à l'institut propriétaire de la firme. Celle-ci remit en tout à celui-là 2 millions de dollars pour ses bonnes œuvres. Grâce à un dispositif complexe faisant interve­nir la Hughes Tool, la fondation reçut encore 20 millions de dol­lars, mais la plus grande partie de cette somme servit à payer les intérêts d'un prêt contracté par Hughes. Le fondé de pouvoir recevait quant à lui près d'un million de dollars par an. Et le moin­dre sou que le philanthrope donnait à sa fondation — même quand il lui était ensuite reversé — était comptabilisé dans les factures que le fournisseur de la Défense présentait au Pentagone, de sorte que c'étaient les autres contribuables qui payaient sa phi­lanthropie. En 1969, les caisses de l'institut étaient vides. Il lui fallut emprunter un million aux banques non pas pour quelque ambitieux programme de recherche mais pour payer les intérêts qu'il devait à son généreux fondateur.

«Voilà qui tient davantage de la haute finance que de la cha­rité », se récria Patman. Et un autre membre de la Commission, pendant l'interrogatoire serré d'un directeur, lança, sarcastique : «Vous voulez dire que M. Hughes, le fondé de pouvoir, ne se doutait à aucun moment que M. Hughes, le directeur général, se retrouverait avec le couteau sous la gorge s'il payait M. Hughes avec l'argent que M. Hughes doit à M. Hughes?»

Page 353 Manipulation des cours pour acheter à bas prix Air West.

Ainsi Hughes allait enfin pouvoir réintégrer l'aéronautique. Air West n'était pas la TWA bien sûr, mais c'était une ligne aérienne et l'aviation, qui l'avait rendu célèbre dans sa jeunesse, était un domaine qui lui tenait à cœur. Depuis près d'un an, il intriguait pour prendre le contrôle de la petite compagnie de trans­port en difficulté.

«Si nous voulons parvenir à nos fins, il faut faire baisser les actions, avait-il écrit au début, exposant ensuite le plan qu'il avait mis au point, et apparaître au même moment avec une offre spectaculaire. »

Tout s'était d'abord passé comme prévu. Quand les actions étaient tombées à seize dollars à la suite d'articles dépréciatifs parus dans la presse et secrètement orchestrés par les agents publi­citaires de Hughes, le reclus lança son offre : vingt-deux dollars l'action. Plus de la moitié des actionnaires fut sensible à cette proposition.

Mais le conseil d'administration de la compagnie aérienne vota à treize voix contre onze le rejet de l'offre de Howard Hughes.

«Je n'ai pas l'impression que ces salopards égoïstes soient prêts à revenir sur leur position», déclara Maheu. Mais il avait un plan : lancer une fausse poursuite judiciaire des actionnaires contre les membres du conseil d'administration opposés à l'offre de Hughes et faire déverser des dizaines de milliers d'actions de Air West par trois complices sur le marché pour créer une panique.

Maheu exposa son plan à Hughes.

«Comme vous le savez sûrement, les poursuites en question ont été enregistrées officiellement à Deleware aujourd'hui même. Demain d'autres poursuites seront engagées contre les treize direc­teurs du conseil d'administration devant une cour fédérale de New York. Les syndicats sont avec nous eiles actions vont encore tom­ber, de sorte que ceux qui ont voté contre notre offre seront contraints de reconnaître entièrement leurs responsabilités. . Les manipulations frauduleuses et la campagne d'intimidation furent une complète réussite. L'opposition capitula. Et quand Hughes conclut le marché, une clause du contrat l'autorisa à ne pas payer vingt-deux dollars l'action comme prévu mais seule­ment huit dollars soixante-quinze.

Il avait escroqué les actionnaires d'Air West de près de soixante millions. Et la ligne aérienne était enfin à lui ; grâce au président Nixon. Comme promis par Maheu dans son message du 4 juil­let, le bureau de contrôle aéronautique approuva la mainmise le 15 juillet et le président l'avalisa définitivement le 21 juillet.

Page 355 Kissinger, l’homme à qui toutes les portes étaient ouvertes, payé par Rockfeller.

Deux semaines s'écoulèrent pourtant sans que Nixon donnât de nouvelles du programme antimissiles. Hughes s'impatientait. «Je suis déçu de ne pas avoir de réponse du président pour les antimissiles car cela veut sûrement dire qu'il n'a fait lire à per­sonne le texte que je lui ai adressé», se plaignit Hughes, qui n'était pas prêt à se contenter d'une ligne aérienne.

« Bob, j'ai mis à votre disposition des ressources financières illi­mitées et je vous ai donné la liberté de choisir qui vous vouliez sans restriction aucune pour vous seconder.

«Estimant donc vous avoir donné carte blanche, financièrement et dans tous les domaines, je me crois en droit d'attendre en échange un rapport quelconque sur ce qui a été fait et par qui, sur vos démarches présentes et les résultats que vous en escomptez. «Je n'ai pas passé six heures à rédiger ces pages pour qu'elles finissent au fond d'une corbeille à papiers. Si le président lui-même ne pouvait se donner la peine d'y jeter un coup d'œil, j'ai l'im­pression que quelqu'un d'autre au moins aurait pu en prendre

connaissance, »

Mais le président n'avait pas oublié Hughes. Il avait demandé à quelqu'un de lire l'argumentation de Hughes à propos du pro­gramme antimissiles, à Henry Kissinger. Le 16 juillet 1969, le jour du lancement d'Apollo II qui emportait les astronautes qui poseraient les premiers le pied sur la lune, Nixon rencontra son premier conseiller en matière d'affaires étrangères. Ce matin-là au Bureau Ovale, juste avant de regarderensemble le moment historique à la télévision, Nixon demanda à Kissinger d'aller voir Howard Hughes.

Kissinger regagna son bureau, au rez-de-chaussée de la Maison Blanche, en proie à la fureur et à l'incrédulité. Il raconta à son principal collaborateur Alexander Haig que Nixon venait de lui demander d'organiser une rencontre avec Howard Hughes pour lui parler non seulement des antimissiles, mais de la force de dis­suasion nucléaire et de stratégie en général» et, humiliation suprême, de solliciter son avis en matière de défense nationale.

Bien que lui-même mît son protecteur, Nelson Rockefeller, régulièrement au courant des affaires qui l'occupaient (Rocke­feller lui avait subrepticement glissé 50 000 dollars juste avant son entrée à la Maison Blanche), Kissinger répugnait à servir les protecteurs de Nixon et jamais encore auparavant on ne lui avait demandé une chose pareille, ni rien qui en approchât. Cela dépas­sait vraiment les bornes.

«Henry n'avait pas l'air enthousiaste, c'est le moins qu'on puisse dire, se souviendra Haig par la suite. Il était cynique, vaguement sceptique, et se demandait s'il allait ou non faire ce qu'on lui demandait. » D'autres, qui entendirent Kissinger ful­miner, racontent qu'il s'interrogeait à la fois sur les motifs et sur la santé mentale du président.

«Il est complètement fou! hurlait Kissinger. Il ne va quand même pas brader ça ! Je ne vais certainement pas aller tenir des pourparlers privés avec Howard Hughes. » '     Haig, de son côté, semblait trouver cela fort amusant. Il jaillit .du bureau de Kissinger en agitant les feuillets de Hughes et lança |à Larry Lynn, qui participait au programme antimissiles : «Devinez la dernière ! Howard Hughes s'en mêle !

 

Michael Drosnin a travaillé pour le Washington Post et pour le Wall Street Journal.

Il a consacré sept années à l'enquête et à la rédaction de Citizen Hughes.

Ayant découvert les archives de Howard Hughes, Drosnin a vécu sous un faux nom, à une adresse inconnue, de manière à conserver l* exclusivité de sa découverte et à protéger ses sources contre d'éventuelles investigations officielles.

Citizen Hughes par Michael Drosnin  Presses de la Renaissance 1985,  549 p

 

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Mis à jour (Mercredi, 03 Mars 2010 12:24)

 
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