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H. Hughes, le milliardaire drogué


Voici quelques passages présentant la vie de cet héritier, doué, capricieux qui tomba dans la folie.

Un héritier capricieux et corrompu, membre éminent du lobby militaro-financier.

Orphelin de millionnaire à l'âge de dix-huit ans. Héritier d'une fortune en expansion permanente fondée sur un minuscule dis­positif de forage inventé par son père. Détenant un monopole absolu sur cet engin employé partout où l'on avait la moindre goutte de pétrole à extraire. Seul propriétaire d'une entreprise qui rapportait des centaines de millions de dollars !

Hughes à Hollywood. Le magnat adolescent débarque dans la ville mythique et met sa soudaine richesse au service de ses passions : le cinéma, les avions et les femmes. 1930 : le légen­daire cinéma du Grauman's Chinese Theater. Il n'a pas vingt-cinq ans lorsqu'il acquiert une célébrité nationale en produisant le film le plus cher de l'époque : Hell’s Angels. Puis vient une série de grands succès : Front Page, Scarface, The Outlaw (Le Banni). Hughes aux premières de ses films, les déesses de l'écran se suc­cédant à son bras dans un renouvellement apparemment inépui­sable. Parmi elles, deux femmes dont il a fait des Sex-symbols : Jean Harlow, la blonde platinée, et Jane Russell, la bombe aux for­mes généreuses. Un producteur-playboy passablement célèbre, fabuleusement riche et avide de plaisir en pleine Grande Dépression !

Hughes l'as volant. Audacieux jeune pilote dans son cuir d'avia­teur, le chapeau mou crânement incliné sur le front. Posant à côté des avions de compétition dessinés et construits par lui. Bat­tant tous les records. 1935 : nouveau record national de vitesse. 1936 : record de la traversée du pays. 1937 : nouvelle traversée transcontinentale qui lui permet de battre son propre record. Cou­ronnant le tout, en 1938, un étonnant vol autour du monde. Devenu un héros international, il est accueilli au cours de défilés triomphaux à New York, Chicago, Los Angeles et dans sa ville natale, Houston. L'hommage d'un pays conquis par ces hom­mes qui font l'histoire dans les cieux. Un Lindbergh couvert de millions innombrables !

Et puis, brusquement, la tragédie, et le scandale. 1946 : il échappe de peu à la mort dans un terrible accident d'avion. Au cours d'un essai de pilotage d'un appareil de reconnaissance mili­taire dessiné par lui, Hughes perd la maîtrise de son engin. Le XF-11 aux formes fuselées s'écrase sur Beverly Hills. 1947 : à peine rétabli, il est traîné sans autre cérémonie devant une com­mission d'enquête sénatoriale pour répondre de ses profits de guerre et de pots-de-vin versés à des hommes politiques.

Hughes en procès. Pris dans l'éclat des projecteurs. Accusé d'avoir décroché des contrats de production de guerre en corrom­pant les huiles du Pentagone et le fils du président à grand renfort de dessous-de-table, d'alcool et de jolies filles.

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Un héritier si doué, qui devient un milliardaire drogué, seul, sale, paranoïaque. Vrai pauvre qui ne connaissait aucun amour.

 

Il essayait seulement de se protéger.

Partout du danger, et il était si vulnérable. Le monde ne connaissait qu'une façade. Le véritable Howard Hughes se terrait dans une prison qu'il s'était fabriquée, vieillard nu, crucifié par la douleur, parvenu au dernier stade de la terreur, vivant comme un pensionnaire du pavillon des aliénés, comme un cada­vre sur une table de dissection, à la morgue.

C'était un personnage de roman d'épouvanté, une horreur surgie de la tombe. Son corps émacié, squelettique — il pesait 54 kilos pour 1,98 m —, d'où toute couleur avait fui — les lèvres mêmes étaient livides — paraissait non seulement mort mais gagné déjà par la décomposition. Seuls semblaient vivre en lui les longs cheveux dont la traînée grise descendait jusqu'à mi-dos, les fins poils épars d'une barbe qui atteignait la poitrine creuse, et les ongles hideux, hérissés aux mains et aux pieds, en grotes­ques circonvolutions jaunâtres de plusieurs centimètres. Et puis, les yeux. Quelquefois vides et morts. Mais parfois aussi, du fond de leurs orbites profondes, brillant avec une intensité presque effrayante, d'un regard fixe et dur, inquisiteur, pénétrant. Cepen­dant il semblait souvent regarder en lui-même.

Hughes vivait dans la souffrance. La souffrance physique. La souffrance mentale. Une souffrance aiguë, qui ne le laissait jamais en paix. Bon nombre de ses dents pourrissaient, réduites à l'état de chicots noirs à peine accrochés à ses gencives enflées, blan­châtres et purulentes. Une tumeur bourgeonnait sur le côté de la tête, protubérance rougie qui émergeait entre ses rares che­veux gris. Des escarres suppuraient tout le long du dos, certai­nes si profondes que l'omoplate — l'os nu de l'omoplate — fini­rait par crever sa peau de parchemin. Et puis il y avait les traces de piqûres. Les marques révélatrices couraient tout le long des bras décharnés, constellaient les cuisses et grouillaient horriblement autour de l'aine.

 

 

Howard Hughes était un drogué. Un camé milliardaire. Il s'in­jectait des doses massives de codéine, se « shootant » chaque jour avec des quantités qui s'élevaient d'ordinaire à près d'un gramme et demi, atteignaient parfois le double ou le triple et dépassait très régulièrement la dose théoriquement mortelle.

 

Il avait succombé à l'accoutumance deux décennies plus tôt, lorsque, après un accident d'avion en 1946, son médecin lui avait prescrit de la morphine pour soulager ce qu'il croyait être ses derniers moments. Il se rétablit, on lui administra de la codéine comme produit de remplacement, et, d'année en année, Hughes réclama des doses de plus en plus fortes. A la fin, il lui fallut monter une combine compliquée pour se procurer sa drogue auprès de diffé­rentes pharmacies de Los Angeles, sous de fausses identités.

A présent, il se réveillait souvent dans les terreurs du manque. Son premier geste de la journée était de tendre la main vers la table de nuit où était posée la boîte de métal noir renfermant sa came et sa seringue hypodermique même pas stérilisée. Il faisait fondre quelques tablettes blanches dans de l'eau minérale puis enfonçait l'aiguille dans son corps délabré. Parfois, il faisait durer le rituel en «pompant» : lorsqu'il avait à demi injecté le liquide blanchâtre, il l'aspirait de nouveau dans la seringue, mêlé à son sang et laissait l'aiguille plantée un moment avant de s'adminis­trer la dose complète. Alors il se détendait et dans le tiède flot de satiété qui déferlait sur lui, il fredonnait quelque rengaine du passé, un air de be-bop surgi de sa mémoire « Hey-bop-a-ree-bop. Hey-bop-a-ree-bop. » Le tout ponctué par moments d'un glousse­ment paisible.

La codéine n'était pas la pire de ses drogues. Hughes s'injec­tait aussi des doses massives de tranquillisants : jusqu'à deux cents milligrammes de Valium ou de Librium en une seule piqûre, dix fois la dose normale. Et quand il ne se piquait pas à la codéine, il avalait de pleines poignées d'Empirin 4, spécialité renfermant de la codéine, de l'aspirine, de la caféine et un analgésique de synthèse, la phénacétine. C'était cette dernière, et non la codéine, qui provoquait les dégâts les plus graves, qui ravageait ses reins déjà en piteux état. En fait, c'était elle qui allait finir par le tuer.

L'odeur de la mon était déjà sur lui. Il se lavait rarement, ne se brossait jamais les dents. La plupart du temps, au lieu d'aller aux toilettes, il urinait dans un bocal sans quitter le lit et, sur son insistance, on gardait les bocaux pleins entassés dans un pla­card de sa chambre. Faire fonctionner ses intestins constituait une Opération bien plus difficile. Constipé chronique et définitif, il passait une bonne partie de la journée aux toilettes, souvent cinq ou six heures de suite sans résultat, en dépit des énormes quanti­tés de laxatifs puissants qu'il engloutissait. A la fin, il renonçait et il lui fallait subir une fois de plus l'humiliation d'un lavement administré par l'un de ses infirmiers.

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Symbole de la puissance occulte.

A de nombreuses reprises, il ordonna de verser des pots-dé vin à des présidents, à des candidats à la présidence, à des sénateurs, à des membres du Congrès, à des gouverneurs, sans se préoccuper des étiquettes de parti ou des idéologies politiques, absolument insensible aux charismes personnels comme aux dis­cours de propagande électorale, uniquement guidé par sa propre règle d'or : «Trouver les instances utiles, les gens utiles, et ache­ter ce que nous voulons. »

Quand ses agents traitaient avec le gouvernement comme on traite une affaire commerciale, les pots-de-vin obtenaient souvent l'effet escompté. Mais les peurs et les phobies de Hughes l'en­traînaient dans une quête de ce que même son argent ne pouvait lui acheter. Et il n'avait jamais assez de pouvoir.

«J'ai consacré ma vie entière au service de mon pays et je n'y ai trouvé que fort peu de plaisir ou de gloire personnelle, se plai­gnait ce patriote incompris ; si je ne mérite pas mieux que ce trai­tement misérable, c'est drôlement triste. »

Citizen Hughes. Il achetait les hommes politiques mais ne votait jamais. Il se répandait en malédictions contre les impôts mais n'en paya aucun dix-sept années de suite. Son empire produisait les armes stratégiques de l'âge nucléaire, mais il se battit contre l'im­plantation d'un centre d'essais dans son voisinage.

Citizen Hughes, Il tenta de s'acheter le gouvernement des Etats-Unis. En fait, il contribua à le faire tomber.

Ni Hughes ni personne ne pouvait alors s'en douter, mais le long enchaînement d'événements conduisant au Watergate commença avec la note qu'il écrivit la nuit où Kennedy mourut.

Ce message fit tomber Larry O'Brien dans l'orbite de Hughes, et leurs relations devinrent vite une obsession pour Richard Nixon qui craignit que le clan haï des Kennedy ne découvre ses propres affaires secrètes avec le milliardaire. Pendant des années, on a laissé entendre que le triangle Hughes-Nixon-O'Brien avait mani­gancé le Watergate. Les nouvelles informations révélées ici même font maintenant apparaître que Nixon a commandité le cambrio­lage dans un effort désespéré pour effacer toute trace de ses accoin­tances avec Hughes.

Ce dernier s'était si bien couvert de tous les côtés, il avait si bien alimenté les fonds secrets de tant de rivaux, qu'un court-circuit de ce type était inévitable.

Si d'autres plus subtils, moins paranoïaques que lui, sont par­venus à acquérir plus de pouvoir effectif, c'est Hughes en tout cas qui est devenu le symbole même de la puissance occulte, c'est lui qui a provoqué la chute d'un président, et c'est lui qui nous a contraints à poser l'éternelle question : y a t-il un Grand Chef d'Orchestre?

 

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Les archives secrètes d’Howard Hughes

Citizen Hughes par Michael Drosnin  Presses de la Renaissance 1985 549 p

Pour aller plus loin :

 

 

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Mis à jour (Mercredi, 03 Mars 2010 12:32)

 
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